La présence des barrières et les perceptions d’argent sur certains axes routiers préoccupent Baraka Archange, notable du territoire de Djugu. Tout en saluant la présence des éléments des forces de défense et de sécurité sur les routes, qu’il considère comme contribuant au maintien de la paix et à la sécurisation des populations, il appelle les autorités à mettre fin aux pratiques de rançonnement.
Selon lui, aucune barrière ne serait érigée sur l’axe Mahagi-Jina. En revanche, la situation serait différente sur le tronçon allant de Jina jusqu’à l’entrée de Bunia, ainsi que sur l’axe Bunia-Iga-Barrière jusqu’à Mungwalu-Calvaire, où des barrières seraient érigées et où certains usagers seraient soumis à des perceptions d’argent.
Baraka Archange estime que la présence des militaires sur les routes reste nécessaire dans le contexte sécuritaire actuel en Ituri. Il salue leur contribution à la paix et à la protection des populations.
Cependant, il insiste sur le fait que la présence des militaires ne doit pas être assimilée à une obligation de payer de l’argent.
« Nous sommes pour la présence des militaires sur les routes parce qu’elle contribue à la paix et à la sécurité. Mais leur présence ne doit pas être égale à l’argent », souligne-t-il.
Le notable de Djugu met également en garde contre les conséquences de ces perceptions sur le retour des personnes déplacées dans leurs villages d’origine. Selon lui, ces populations, qui ont souvent tout perdu à cause des violences et disposent de très peu, voire pas de moyens financiers, pourraient être découragées de regagner leurs communautés si elles doivent payer de l’argent à plusieurs barrières sur leur trajet.
Il estime que la multiplication des paiements pourrait ainsi constituer un obstacle supplémentaire au processus de retour et de réinstallation des déplacés, alors que la restauration de la sécurité devrait justement favoriser leur retour dans leurs milieux d’origine.
Face à cette situation, Baraka Archange appelle le gouverneur de l’Ituri à s’impliquer activement afin de faire respecter les dispositions relatives à la libre circulation des personnes et des biens.Il demande également aux autorités compétentes de contrôler le fonctionnement des barrières et de prendre des mesures pour éviter toute perception illégale d’argent, tout en maintenant les dispositifs militaires nécessaires à la sécurité des usagers.
Pour ce notable, sécuriser les routes et garantir la libre circulation doivent aller de pair, afin de permettre aux populations de se déplacer, aux activités économiques de reprendre et aux déplacés de regagner progressivement leurs villages d’origine dans de meilleures conditions.
Jonathan Bavonga



