La décision de la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire et de la Recherche scientifique de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques et para-académiques dans les établissements publics de Goma et de Bukavu suscite des inquiétudes parmi les étudiants et leurs familles.
Intervenant ce mercredi 26 août 2026, l’analyste politique Michel Kisunzu estime que cette mesure risque d’alourdir considérablement les charges des ménages, désormais contraints, pour certains, d’envoyer leurs enfants dans d’autres villes afin de poursuivre leur cursus universitaire.
Selon lui, Goma et Bukavu sont des villes cosmopolites qui accueillent des populations issues de différentes communautés et offrent ainsi un cadre d’intégration relativement favorable aux étudiants. Un transfert vers d’autres villes, notamment Butembo, pourrait, estime-t-il, entraîner des difficultés d’adaptation pour certains d’entre eux.
«« Si certains étudiants ont de la famille ailleurs, ce sera plus facile pour eux. Mais pour ceux qui n’ont personne pour les accueillir, l’État doit prévoir un accompagnement », plaide Michel Kisunzu.»
L’analyste politique estime par ailleurs qu’il aurait été préférable d’envisager des sanctions ciblées à l’encontre du personnel enseignant concerné, tout en permettant aux établissements de continuer à fonctionner.
Il craint que la suspension des activités académiques n’ait des répercussions importantes sur la vie sociale, académique et économique des étudiants ainsi que sur leurs familles.
Selon l’arrêté ministériel, la suspension concerne l’ensemble des activités d’enseignement et du fonctionnement académique des établissements publics concernés.
Le texte prévoit toutefois une mesure de continuité de la formation. Les étudiants régulièrement inscrits devront être accueillis et pris en charge par des établissements situés dans des zones non affectées par le conflit, afin de leur permettre de poursuivre leurs études.
Par ailleurs, la ministre a ordonné la désactivation des listings de paie de 48 membres des corps académique et scientifique nommés au sein des comités de gestion par la rébellion. Il s’agit notamment de 28 professeurs, 5 docteurs à thèse, 12 chefs de travaux et 3 assistants.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes perturbations du fonctionnement de l’enseignement supérieur dans l’est de la République démocratique du Congo.
Patrick Makoma



