Au quartier Himbi, dans la commune de Goma, au Nord-Kivu, la population a sollicité, lors d’un face-à-face avec le maire de la ville organisé jeudi 27 août 2026, la démolition des constructions anarchiques érigées dans cette entité.
« Monsieur le maire, nous sollicitons que la commission de démolition agisse rapidement, notamment en marquant de peinture rouge les maisons, les clôtures et, pourquoi pas, les containers installés dans des endroits impropres à la construction », a déclaré, lors de la séance de questions-réponses, un habitant du quartier Himbi dont nous taisons volontairement le nom.
En réponse à cette demande, le maire de Goma, Désiré Ngabo Kisuba, a expliqué que plusieurs séances de sensibilisation avaient déjà été organisées à l’intention des occupants des espaces empiétant sur les chaussées et les voies publiques. Selon lui, il ne reste désormais qu’à procéder à leur évacuation, dans le but de contribuer à l’embellissement de la ville.
L’autorité urbaine a également précisé que la démolition des maisons, kiosques et autres constructions installés le long des principales artères doit, en principe, être effectuée par leurs propriétaires. Dans le cas contraire, les propriétaires concernés devront prendre en charge les frais liés aux travaux réalisés par la commission de démolition.
« La commission de démolition, tant sollicitée par la population du quartier Himbi, est déjà à pied d’œuvre dans la ville de Goma », a précisé Désiré Ngabo Kisuba. Il a ainsi appelé les personnes ayant construit dans des endroits impropres à la construction à prendre elles-mêmes l’initiative de démolir leurs ouvrages.
Celles qui sont encore en pleine construction sont également invitées à arrêter immédiatement les travaux et à procéder à la démolition des structures déjà érigées.
Dans le même cadre, le maire a insisté sur la nécessité d’évacuer les marchés pirates installés le long des artères, particulièrement sur les axes principaux. Il a invité les vendeurs à rejoindre les espaces aménagés, notamment le marché installé momentanément au stade Le Volcan, afin de préserver la sécurité des vendeuses et des autres usagers de la voie publique.
Désespérée par cette mesure interdisant les marchés pirates, Espérance, une vendeuse de légumes installée au bord de la route dans le quartier Himbi, a sollicité la clémence de l’autorité urbaine afin de conserver son emplacement, connu de ses clients. Elle a expliqué que ce petit commerce lui permet de subvenir aux besoins de sa famille et de scolariser ses enfants.
La réponse du maire a toutefois été catégorique : « Nous ne pouvons pas changer d’un iota cette mesure. Le moins que l’on puisse faire pour vous, madame, est de vous chercher gratuitement une place au marché. Soit, nous organisons un SOS pour vous permettre de louer une porte où vous pourrez poursuivre votre activité de petit commerce. »
Séance tenante, le maire a alors lancé un appel à la contribution volontaire des personnes de bonne foi afin de permettre à cette vendeuse de réunir les moyens nécessaires pour louer un nouvel emplacement.
La population présente a rapidement répondu à cet appel. En quelques instants, une somme a été réunie en faveur de la vendeuse, illustrant, selon les participants, une forme de solidarité et de « vivre-ensemble ».
Interrogée après ce geste de solidarité, Espérance s’est dite heureuse et a remercié toutes les personnes qui lui sont venues en aide. Elle a également appelé les autres vendeuses exerçant dans les marchés pirates à abandonner cette pratique, qui, selon elle, les expose à de nombreux dangers.
La rédaction



