À la suite de violents combats ayant opposé deux milices rivales ce samedi 27 septembre 2025 en fin d’après-midi dans les environs de Gina, localité située à environ 45 km de Bunia dans le territoire de Djugu, quelque 3,500 civils ont trouvé refuge auprès de la base militaire locale de la MONUSCO. Parmi ces civils, il y a 1,850 femmes et 550 enfants.
Selon des sources de la MONUSCO, tout est parti de l’attaque d’une position de l’armée à Matate, non loin du village de Nyampala, par des miliciens de la Convention pour la Révolution populaire de l’ex-seigneur de guerre Thomas Lubanga peu avant 17h, heure locale. Mis en déroute par les FARDC, c’est dans leur fuite que ces rebelles de la CRP ont été attaqués à leur tour par des miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo, Codeco dans la localité de Tcha, toujours dans la même zone de Gina. Les combats entre les deux milices rivales ont duré jusqu’aux environs de 20h, heure locale.
Craignant pour leur sécurité, beaucoup de civils ont abandonné leurs habitations, certains pour se réfugier vers la base militaire de la MONUSCO à Gina, d’autres vers Gina Centre où les FARDC et la MONUSCO patrouillent pour protéger les populations civiles.
Le premier bilan (à confirmer) fait état d’au moins deux civils blessés, dont une fillette de 13 ans qui a reçu une balle dans son épaule droite, et un jeune homme d’une vingtaine d’années qui a reçu une balle dans sa poitrine.
Les deux blessés transportés à la base de la MONUSCO à Gina y ont reçu les premiers soins, avant d’être transférés ensuite à l’hôpital de Gina. On signale également des vaches emportées ainsi que des habitations incendiées par les miliciens de la Codeco, notamment dans le village de Liko (à environ 32 km au Nord-Est de Bunia), considéré comme l’un des fiefs de la CRP.
Ce soir, la situation demeurait tendue, malgré un calme relatif revenu dans la zone de Gina où les Casques bleus de la MONUSCO ont intensifié leurs patrouilles. Objectif : protéger et rassurer des populations traumatisées par cette énième éruption de la violence armée dans leur milieu. Les soldats de la paix, en alerte maximale, vont patrouiller toute la nuit à travers Gina Centre et ses environs, ainsi que le long de l’axe Gina Centre-Tcha, pour prévenir une éventuelle attaque de ces derniers contre des civils.
Depuis quelques jours, la situation sécuritaire a connu une nette détérioration dans le volatile territoire de Djugu en Ituri, marquée par des attaques meurtrières des miliciens de la Codeco et de la CRP ; mais aussi, par des incendies de maisons, voitures et motos, ainsi que des enlèvements de civils. Un processus de paix est pourtant en cours dans la province, où les autorités, appuyées par la MONUSCO, ne ménagent aucun effort pour le retour de la paix.
Outre des dialogues intra et intercommunautaires, des Actes de cessation des hostilités ont déjà été signés par six groupes armés locaux, dont la Codeco.
Le dernier en date, facilité par la MONUSCO, a été signé à Aru en juin 2025. Un Mécanisme de suivi de ces différents Actes d’engagement, appuyé par la MONUSCO, verra le jour dans quelques semaines.
Autant d’initiatives non militaires, qui viennent s’ajouter aux opérations militaires, pour faire avancer la cause de la paix, dans cette province qui en est à son 8e cycle de violences armées et meurtrières.
« La MONUSCO est chargée d’appuyer le gouvernement dans la lutte contre les groupes armés et dans la protection des civils. Nous avons mis en place des systèmes d’alerte précoce, nous travaillons ensemble, nous partageons les informations et nous soutenons les opérations », rappelait encore le vendredi 26 septembre dernier Vivian Van de Perre, la cheffe adjointe de la MONUSCO chargée des opérations et de la protection ; c’était à Bunia, au terme d’une visite de 3 jours dans la province.
La rédaction



