De nombreuses organisations humanitaires œuvrant dans divers domaines notamment l’agriculture, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la protection, l’éducation, entre autres exécutent actuellement leurs projets à Rutshuru dans le calme et la sérénité. C’est ce qu’ont confié à la rédaction de panierdesinfos.net certains agents œuvrant au sein de ces ONG.
Concernant les messages qui circulent sur les réseaux sociaux accusant l’autorité territoriale dans un dossier relatif à la violation des principes humanitaires notamment pour avoir suspendu le processus de recrutement d’une organisation locale basée à Goma, ou encore pour avoir exigé de l’argent aux organisations de mise en œuvre, notre reporter s’est rendu sur le terrain pour en vérifier la véracité.
« Sur place à Rutshuru, nous avons constaté que plusieurs organisations humanitaires fonctionnent en toute sécurité, contrairement aux années précédentes. Celles qui s’adonnent à des pratiques douteuses ont toujours été arrêtées par les autorités locales », a constaté notre reporter.
Cependant, les jeunes de Rutshuru s’inquiètent de la sous-estimation de la main-d’œuvre locale et de certaines conditions imposées dans ce qu’ils appellent « l’opération retour », notamment le fait que certaines ONG reviennent sans impliquer les jeunes du milieu.
À ce sujet, il importe de signaler certains abus liés au mode de recrutement et de rémunération dans certaines ONG opérant à Rutshuru. Plusieurs préoccupations ont été soulevées par la jeunesse locale, notamment :
- Soutirage injustifié de frais, prétendument destinés à la CNSS ou à d’autres retenues non justifiées. 2. Pratiques d’« opérations retour » et de monnayage de postes, où des candidats sont sélectionnés à condition de reverser une partie de leur salaire. Ces pratiques bénéficieraient principalement aux candidats venus de Goma, au détriment des jeunes locaux.
- Manque de transparence dans la signature des contrats : dans un cas récent, un jeune de Rutshuru ayant mentionné un montant supérieur à ce que l’ONG souhaitait verser s’est vu voir son contrat déchiré sur place, illustrant clairement une volonté de dissimulation.
Ces dérives méritent l’attention de l’Autorité territoriale pour des enquêtes approfondies et des mesures correctives urgentes, afin de protéger les droits des jeunes de Rutshuru et assurer l’équité dans les opportunités d’emploi.
« Malheureusement, certaines ONG arrivent avec leurs propres bases de données, sans considérer la main-d’œuvre locale. Nous sommes aussi des intellectuels, avec des compétences suffisantes pour travailler. Nous voulons être considérés et non pas subir des projets ou des agents imposés de l’extérieur. On dit souvent : “Tout ce qui est fait pour moi, sans moi, est fait contre moi.” En plus, certains agents des ONG nous demandent de l’argent après chaque paie. Si vous refusez, vous n’êtes plus jamais rappelé », a déploré un jeune de Rutshuru.
Et d’ajouter : « L’Administrateur du Territoire de Rutshuru, M. Prince Mpabuka, a bien fait de suspendre une organisation qui faisait semblant d’organiser un processus de recrutement alors que les postes étaient déjà attribués à des personnes n’ayant même pas passé de test. Qu’il se penche aussi sur la question de “l’opération retour”, car malheureusement, presque tout l’argent retourne à Goma. »
L’ONG qui se dit aujourd’hui indignée doit, en réalité, répondre devant la loi pour les irrégularités constatées dans ses opérations.
Comment expliquer que des candidats aient pu passer un test ou un examen sans présenter une attestation de résidence, pourtant exigée dans ce territoire ? Cela soulève de sérieuses interrogations sur le mode de sélection appliqué. Il devient évident que ces jeunes ne sont pas originaires de Rutshuru, car ils méconnaissent totalement les réalités locales. Ils seraient probablement venus d’ailleurs, sur base de promesses faites en amont, selon le témoignage d’un jeune de Rutshuru impliqué dans le circuit humanitaire.
Une enquête indépendante et impartiale s’impose afin de faire toute la lumière sur cette affaire, et de garantir que la population locale soit véritablement bénéficiaire des opportunités disponibles dans son propre territoire. Il est également important de noter que certaines organisations humanitaires exagèrent avec des retards de paiement, voire refusent de payer les journaliers ayant presté, ont conclu les jeunes contactés par panierdesinfos.net.
La rédaction



