Amendement ou changement de la Constitution en plein conflit ?L’analyse du criminologue et Défenseur privé des droits humains Godé Chiri HAGUMA wa Mudondi.
Alors que le débat sur la révision constitutionnelle s’intensifie en République Démocratique du Congo, le criminologue et défenseur privé des droits humains, Godé Chiri Haguma wa Mudondia, livre une réflexion nuancée.
Dans un contexte marqué par la guerre à l’Est de la RDC, la question de la sémantique et de l’opportunité d’une telle réforme devient cruciale pour la cohésion nationale.
Pour Godé Chiri Haguma, l’utilisation du terme « amendement » est préférable à celle de « changement ».Ce choix lexical vise avant tout à préserver l’image de la RDC à l’international et à éviter une refonte totale qui pourrait être perçue comme une remise en cause des fondements de l’État.
Selon lui, l’objectif ne doit pas être de tout effacer, mais de corriger chirurgicalement les points qui freinent réellement la gouvernance et le progrès du pays.
Dans un climat de guerre où la population subit déjà de lourds effets néfastes, imposer un changement constitutionnel global pourrait aggraver les fractures sociales. Il observe une multitude de divergences d’opinions sur le terrain, entre partisans du changement et opposants catégoriques, risquant de créer de graves tensions au sein d’un peuple déjà meurtri.
Au-delà du texte constitutionnel, l’expert souligne que le véritable mal de la RDC ne réside pas forcément dans la qualité de ses lois, mais dans leur application effective.
Il estime qu’il serait plus pertinent de se concentrer sur la mise en place de mécanismes rigoureux pour éradiquer la corruption, plutôt que de se focaliser uniquement sur la réécriture des articles.
Enfin , Godé Chiri Haguma préconise une approche pragmatique : »Je pense que tous les articles de la Constitution ne sont pas défaillants. Il serait donc judicieux d’amender uniquement ceux qui ne répondent pas aux réalités actuelles, pour le bien du pays. »
Cette analyse appelle donc à la prudence et au patriotisme, privilégiant la stabilité nationale et l’efficacité administrative à une transformation radicale du cadre légal en période de crise.
La Rédaction



