Maître Chantal Chambu Mwavita, ministre des Droits humains, a ouvert ce mercredi à Kinshasa un atelier d’évaluation de la mise en œuvre de la résolution 57/34 du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.
À cette occasion, elle a appelé à l’application effective de cette résolution pour garantir le respect des droits fondamentaux des Congolais.Adoptée à l’unanimité par les 47 États membres, la résolution 57/34 porte sur l’assistance technique et le renforcement des capacités en matière de droits humains en République démocratique du Congo.
Dans son discours d’ouverture, la ministre Chambu a salué l’adoption de cette résolution comme une reconnaissance internationale des efforts engagés par la RDC dans le domaine des droits humains, notamment dans un contexte de crise prolongée dans l’est du pays.
Sur les 284 recommandations formulées à l’issue de l’Examen Périodique Universel (EPU), la RDC en a accepté 235, tandis que 49 ont été prises en note, sans qu’aucune ne soit rejetée.
Ces engagements ont conduit à des avancées notables, telles que la relance de la justice transitionnelle à travers des consultations nationales, l’élaboration d’une stratégie nationale en cours de finalisation, ainsi que le renforcement du rôle du ministère dans la coordination des mécanismes de suivi, de protection et de réparation.
La ministre a également mis en lumière la collaboration entre l’État, la société civile, les victimes et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme pour documenter les violations.
Malgré ces progrès, la ministre a reconnu que de nombreux défis subsistent, notamment l’activisme persistant des groupes armés, les violences sexuelles liées aux conflits, l’impunité des crimes graves, ainsi que des limitations budgétaires et logistiques.
Face à cette réalité, elle a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour un soutien renforcé, en particulier dans le financement des mécanismes de justice, de réparation et de réinsertion.« La paix durable et la dignité humaine exigent plus que des engagements sur papier. Elles appellent à une action résolue, concrète et juste », a-t-elle déclaré.
La gravité de la situation sécuritaire dans l’Est du pays a été confirmée par Anne Marie Dongui, directrice adjointe du BCNUDH. Elle a rappelé que la prise de Goma et Bukavu par des groupes armés en début d’année a provoqué une spirale de violences, marquée par de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire.
Les conséquences sont dramatiques : des palais de justice saccagés, des dossiers judiciaires détruits, et l’évasion de plus de 8 000 détenus, dont environ 200 criminels de guerre.
L’objectif de cet atelier est de favoriser l’appropriation nationale des efforts en matière de droits humains. Il s’agit d’analyser l’impact réel de l’assistance technique fournie, d’évaluer la pertinence des stratégies mises en œuvre et de formuler des recommandations concrètes pour renforcer la promotion et la protection des droits fondamentaux dans le pays.
En clôturant son intervention, la ministre Chantal Chambu a encouragé les participants à mener des échanges riches, francs et constructifs, dans un esprit de collaboration et d’optimisme, avant de déclarer officiellement ouvert l’atelier.
Signalons que depuis l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême en janvier 2019, Maître Chantal Chambu est la seule à avoir porté haut le ministère des Droits humains, tant au niveau national qu’international. C’est sous son mandat que la RDC a été élue membre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Guellord Risasi



