Privés de réseaux de télécommunication nationaux depuis plus de deux semaines, les habitants du territoire de Rutshuru vivent un véritable isolement numérique.
Pour communiquer ou gérer leur quotidien, beaucoup n’ont d’autre choix que de se tourner vers les opérateurs étrangers.
Dans le territoire de Rutshuru par exemple, le silence des ondes est devenu la norme. Aucune explication officielle n’a été fournie aux abonnés pour justifier cette coupure prolongée des réseaux congolais. Sur le terrain, nos reporters ont constaté l’ampleur du désarroi : pour capter un signal, les habitants parcourent désormais des kilomètres afin de mordre sur les réseaux voisins, Airtel Uganda ou MTN.
L’achat de cartes SIM ougandaises est devenu l’unique recours pour briser l’isolement.Au-delà de la simple communication, c’est tout le système socio-économique qui est à l’arrêt.
L’impossibilité d’effectuer des transactions via le Mobile Money paralyse les échanges.Des nombreux parents se trouvent dans l’incapacité de régler les frais scolaires de leurs enfants; les retraits d’argent sont devenus impossibles, bloquant l’accès à l’épargne pour répondre aux besoins vitaux; sans liquidités ni réseau, les ménages peinent à s’approvisionner.Cette situation, qui perdure depuis plus de quatorze jours, plonge la population dans une précarité numérique totale.
L’absence de communication aggrave le sentiment d’abandon des citoyens, dans l’attente d’un rétablissement des services par les sociétés de télécommunication.
La rédaction



