La population du Nord‑Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, reste exposée à l’insécurité persistante causée par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Malgré les alertes répétées, les attaques continuent, suscitant inquiétude et indignation face à ce que plusieurs observateurs qualifient d’inefficacité des réponses sécuritaires.
Dans la soirée du jeudi 5 février 2026, une nouvelle incursion attribuée aux ADF a été signalée dans le quartier Mabasele, à Oïcha, chef‑lieu du territoire de Beni. L’attaque est survenue aux environs de 20h50. Selon un bilan encore provisoire recueilli auprès de sources locales, deux civils auraient été tués et quatre maisons incendiées. De leur côté, les autorités sécuritaires locales parlent d’un civil tué et de quatre habitations réduites en cendres, affirmant que l’intervention des Forces armées de la RDC (FARDC) a permis de limiter l’ampleur des dégâts en repoussant les assaillants.
Réagissant à cette situation, Darius Kasereka Syayira, acteur de la société civile du noyau d’Oïcha, appelle l’armée à revoir sa stratégie de protection des civils. Il estime que la mission première des FARDC doit être recentrée sur la sécurisation des populations et de leurs biens. « L’armée doit prendre conscience de sa mission vis-à-vis de la protection des civils et de leurs biens. Ne pas prendre cette question au sérieux, c’est rendre le pire inévitable », a‑t‑il déclaré.
Cet acteur de la société civile plaide également pour un changement d’approche militaire face aux rebelles. « L’ennemi est encore aux alentours. Il est temps de quitter la posture défensive pour passer à l’offensive afin de neutraliser définitivement ces assaillants », a‑t‑il ajouté.
Par ailleurs, il a exhorté la population à la vigilance et à la collaboration avec les services de sécurité. « Nous appelons la population à faire preuve de résilience et à rester vigilante. La sécurité est l’affaire de tous, et chacun doit jouer son rôle », a‑t‑il conclu.
La situation sécuritaire dans le territoire de Beni demeure ainsi préoccupante. De nombreux habitants appellent à des actions urgentes et efficaces des autorités afin de mettre fin aux violences récurrentes et restaurer une paix durable dans la région.
Patrick Makoma



