La Fondation Umoja Ni Nguvu (FONUM Asbl) a adressé une correspondance au président de la République, Félix Tshisekedi, pour dénoncer ce qu’elle qualifie d’arrestations arbitraires, de discriminations et de violations des droits humains visant des ressortissants de la province du Sud-Kivu ayant fui les zones sous l’emprise de l’AFC/M23 en raison de l’insécurité.
Dans cette lettre datée du 23 juillet 2026 et transmise à plusieurs hautes autorités du pays, notamment aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, à la Première ministre, au Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur ainsi qu’aux gouverneurs des provinces, la FONUM affirme que plusieurs déplacés originaires du Sud-Kivu seraient assimilés à tort aux groupes armés et feraient l’objet d’interpellations dans différentes provinces, notamment en Ituri, au Nord-Kivu, au Haut-Uélé et à Kolwezi.
Selon l’organisation, certaines personnes arrêtées seraient victimes de coups, de tortures et de détentions dans des conditions difficiles, tandis que des responsables d’organisations communautaires qui tenteraient de leur porter assistance seraient parfois contraints de verser de l’argent avant d’obtenir l’accès aux personnes détenues.
La FONUM estime que ces pratiques sont contraires aux dispositions de la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment celles garantissant le respect de la dignité humaine, la liberté individuelle, le droit à l’assistance ainsi que la libre circulation sur l’ensemble du territoire national.
Dans son mémorandum, l’association formule plusieurs recommandations au chef de l’État. Elle demande notamment la mise en place, dans chaque province, d’une commission spéciale chargée de la protection et de la coordination des déplacés originaires des provinces du Kivu, le respect strict des droits fondamentaux par les services de sécurité, la cessation immédiate des arrestations arbitraires ainsi que l’ouverture d’enquêtes contre les agents qui se rendraient responsables d’abus.
L’organisation appelle également les deux chambres du Parlement ainsi que le Gouvernement à promouvoir l’unité nationale, la cohésion sociale et à éviter tout discours ou toute pratique susceptible d’encourager la discrimination entre Congolais.
Par cette démarche, la Fondation Umoja Ni Nguvu dit vouloir attirer l’attention des autorités sur la nécessité de protéger tous les citoyens congolais, sans distinction de leur province d’origine, dans un contexte marqué par les conséquences sécuritaires du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo.
La rédaction



