Aussitôt formés à la technique de vidange des latrines et fosses septiques, les chefs de quartier, première cible de l’organisation A3, vont à leur tour sensibiliser la base afin que la ville de Goma revête une nouvelle robe : une ville assainie, impactant positivement la santé de ses habitants.
Quinze chefs de quartier de la ville de Goma ont été formés mardi à la technique de vidange des latrines et fosses septiques, lors d’un atelier organisé par Assistance, Appoint et Assainissement (A3). L’objectif est que ces responsables communautaires vulgarisent à leur tour cette technique dans la communauté, a indiqué Gothier Mizerero, coordonnateur de A3, à la clôture des travaux.
« Nous avons réuni les chefs de quartier à l’initiative du maire de la ville, afin de les tenir informés du travail que nous réalisons dans la vidange des latrines et fosses septiques, dans l’objectif qu’ils aillent sensibiliser la base », a-t-il expliqué.
Les chefs de quartier, en tant que leaders communautaires, sont censés informer la population, qui, en réalité, ne connaît presque rien du bien-fondé de cette technique d’hygiène et d’assainissement urbain, a renchéri Mizerero.
La population doit savoir jusqu’à quel niveau ou quelle limite peut atteindre la boue de matières fécales, afin d’alerter les techniciens de vidange, de peur que cela ne soit source d’infection ou de maladies pouvant contaminer toute une famille, voire la communauté environnante.
« Voilà la raison de cet atelier, qui vise à renforcer les capacités des cadres de base dans ce domaine, et par là, à faire d’eux des interprètes fidèles d’A3 au sein de leurs entités », a-t-il ajouté.
Témoignage du terrain
« C’est notre devoir d’aller faire comprendre à la population le bien-fondé des latrines propres pour la santé publique. Il faut effectuer les vidanges des fosses septiques, car nous tombons régulièrement malades à cause de l’état de nos toilettes », a déclaré Dedesi Mitima, chef du quartier Lac Vert, l’un des participants.
Selon lui, il est impératif de montrer à la population l’importance du service de vidange apporté par l’organisation A3 pour que la ville de Goma « porte une nouvelle robe de propreté, tout azimut ».
Le quartier Lac Vert est particulièrement touché par l’insalubrité, avec des sacs de matières fécales déposés en pleine nuit par des inconnus.
« Le matin, nous découvrons souvent des sacs de matières fécales déposés au bord des routes, dans les avenues de mon quartier, par des inconnus. C’est pourquoi j’ai tout intérêt à sensibiliser la population. Quelqu’un qui agit ainsi, c’est comme s’il donnait du poison aux autres, car il met toute la communauté en danger », a-t-il souligné.
Selon lui, de telles pratiques peuvent provoquer des maladies comme le choléra, dont quatre cas ont récemment été signalés dans la commune de Goma, selon le maire Julien Katembo Ndalieni.
Il insiste : si la population suit attentivement les conseils de l’organisation A3 sur la gestion des toilettes, ces maladies pourraient disparaître.
Des pratiques à risques
Le coordonnateur de l’organisation A3 a également dénoncé d’autres pratiques dangereuses, telles que les fosses septiques creusées dans les salons ou à l’entrée des maisons, ou encore le déversement des matières fécales dans des trous creusés dans les parcelles.
Certains ménages riverains du lac Kivu vont même jusqu’à y jeter ces déchets, un acte punissable par la loi, car relevant de la santé publique. Tous ces points ont été abordés au cours de l’atelier.
Le chef du quartier Lac Vert souhaite également qu’une autre structure organisationnelle prenne en charge les travaux de forage de fosses septiques ou de latrines, car certaines familles n’ont pas les moyens de creuser en profondeur.
« Une bonne technique respectant les normes d’hygiène, d’assainissement et de principes environnementaux, mais néanmoins l’organisation A3 doit mettre de l’eau dans le vin, en matière de prix alloué aux travaux de vidange pour chaque ménage parvienne trouver. la somme », a suggéré Dedesi Mitima.
L’organisation A3 dispose, selon Gothier Mizerero, d’un personnel bien formé en la matière ainsi que d’équipements modernes et adaptés à ce type de travail.
La rédaction



