Cela fait déjà plus de 30 ans que la République Démocratique du Congo vit une instabilité persistante sur le plan sécuritaire, notamment dans sa partie Est, et ce, malgré plusieurs changements de régime. En 2025, une grande partie de la province du Nord-Kivu a été occupée par l’AFC-M23.
Malgré la signature de plusieurs accords, notamment ceux de Doha et de Washington, la situation sur le terrain reste inchangée. Les parties en conflit continuent de s’accuser mutuellement, tandis que la population en paie le lourd tribut.
C’est dans ce contexte que, en début de semaine, l’organisation Interconnected Justice RDC a réuni à Goma des pasteurs, journalistes, professionnels de la santé, avocats, entrepreneurs, leaders d’organisations de jeunesse et autres acteurs de la société civile. Objectif : mener des échanges approfondis sur les causes profondes des conflits en RDC.
Le thème retenu pour cette rencontre était :
« L’internationalisme noir et ses implications pour la paix et le développement en RDC ».
À travers ces discussions, Interconnected Justice RDC visait à susciter un plaidoyer pour la paix, la cohésion régionale et une meilleure solidarité panafricaine.
M. Joseph Tolton, initiateur de cette organisation internationale, est intervenu depuis les États-Unis via Zoom, aux côtés de participants connectés depuis le Kenya, le Rwanda et d’autres pays.
Ces intervenants n’ont pas manqué d’exprimer leur solidarité envers le peuple congolais, confronté à une insécurité persistante, et ont promis d’appuyer les efforts en faveur de la paix.
Cette initiative a permis de mettre en lumière un plaidoyer unanime pour une paix durable en RDC. Les participants ont appelé les panafricanistes présents en ligne à faire entendre la voix de la RDC sur la scène internationale, pour la restauration de l’unité nationale et le renforcement de l’intégration régionale.
Il a également été souligné l’urgence pour la RDC de prendre pleine responsabilité dans la résolution de ses propres défis, sans dépendre exclusivement des appuis extérieurs.
Parmi les moments forts des échanges, figure une mention particulière de l’Accord de Washington, signé en juillet dernier entre la RDC et le Rwanda. Cet accord est perçu comme un levier crucial pour le rétablissement de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Les participants ont unanimement exhorté les deux parties en conflit à honorer leurs engagements et à respecter scrupuleusement les termes de cet accord, considéré comme clé du retour à une paix durable.
Présent parmi les intervenants, l’activiste des droits humains Philémon Ruzinge a salué la pertinence des échanges, estimant qu’ils ont été bénéfiques pour tous les participants. Il a cependant lancé un appel pressant aux parties en conflit : « Il est temps de trouver un accord au plus vite, car c’est la population qui souffre. Les politiciens vivent dans le luxe pendant que le peuple croupit dans la misère. »
Guellord Risasi



