Trois ans se sont écoulés depuis le lancement de l’opération conjointe USHUJAA entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF), censée neutraliser les rebelles des Allied Democratic Forces (ADF) dans l’Est de la RDC.Pourtant, la situation sécuritaire s’est dégradée davantage.
Malgré des bilans militaires affichant des chiffres impressionnants — plus de 540 ADF tués, 50 capturés et 151 armes récupérées — les massacres se poursuivent, les déplacements de populations s’intensifient, et les ADF continuent à opérer comme si aucune opération militaire n’avait été engagée.
Le récent massacre de 18 civils à Fotodu dans le territoire de Beni, ainsi que les 119 morts à Lubero, témoignent d’un échec flagrant. Aucune mesure concrète de protection des civils, aucune stratégie de stabilisation, et un silence honteux des autorités nationales qui se contentent de discours pendant que le sang coule.Pire encore, le président ougandais Yoweri Museveni, partenaire de cette coalition, a lui-même reconnu que la présence des ADF en RDC est la conséquence de l’absence de l’État congolais. Une vérité amère, mais que le régime de Kinshasa tente de dissimuler derrière une propagande de façade et une communication vide de toute compassion.
Pendant ce temps, la RTNC préfère diffuser des reportages sur les déplacements du commandant suprême à l’étranger, plutôt que d’honorer la mémoire des morts par un drapeau en berne, une minute de silence ou une action d’envergure.Il est temps que le peuple congolais ouvre les yeux : ce régime n’a ni la volonté ni la capacité de mettre fin à cette tragédie.
La collaboration FARDC-UPDF n’est qu’un écran de fumée, et les victimes s’accumulent. Si rien ne change, nous continuerons à compter les morts pendant que les dirigeants dansent au rythme de leurs privilèges.
Guellord Risasi



