Le Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme (BIDH-RDC) appelle à privilégier le dialogue politique, la protection des civils et la défense de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays. Dans une tribune signée à Kinshasa, son manager national, Patrick Opola Mupasa, met en garde contre les conséquences d’une éventuelle escalade des tensions politiques et sécuritaires.
Dans cette tribune, Patrick Opola Mupasa exprime ses préoccupations face aux informations faisant état d’un rapprochement entre l’ancien président Joseph Kabila et certains responsables de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), notamment Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga.
Pour le responsable du BIDH-RDC, cette situation soulève des interrogations sur ses conséquences potentielles pour la stabilité du pays, alors que les populations de l’Est continuent de subir les effets des conflits armés.
Il estime que les rivalités politiques et les ambitions individuelles ne devraient en aucun cas se faire au détriment de la vie humaine, de la sécurité des citoyens et de la souveraineté nationale.
Les populations civiles au cœur des préoccupations
Patrick Opola Mupasa rappelle que les conflits armés qui affectent l’Est de la RDC ont entraîné de lourdes conséquences humanitaires, notamment des déplacements massifs de populations, des pertes en vies humaines, des violences sexuelles, des destructions de biens et des séparations familiales.
Face à cette situation, il appelle les acteurs politiques et armés à mesurer les conséquences de leurs décisions sur les populations civiles.
Selon lui, toute initiative prétendant défendre les intérêts du peuple congolais doit avant tout contribuer à protéger les citoyens plutôt qu’à les exposer à de nouvelles violences.
Le manager national du BIDH-RDC insiste également sur la nécessité de placer la dignité humaine, la sécurité et les droits fondamentaux au-dessus des intérêts politiques et économiques.
Joseph Kabila interpellé sur sa responsabilité historique
Dans sa tribune, Patrick Opola Mupasa revient également sur le rôle de Joseph Kabila, ancien chef de l’État congolais, qui a quitté le pouvoir à l’issue de l’alternance politique de 2019.
Il estime que l’expérience politique de l’ancien président pourrait contribuer à l’apaisement des tensions et à la recherche d’une solution pacifique à la crise actuelle.
Tout en reconnaissant que les désaccords politiques et les différends liés à la gouvernance peuvent faire l’objet de débats, il considère que le recours à la lutte armée ne saurait constituer une réponse acceptable aux problèmes politiques du pays.
Le responsable du BIDH-RDC appelle ainsi Joseph Kabila et les autres acteurs concernés à privilégier les voies politiques et diplomatiques, estimant que leur responsabilité historique devrait les conduire à favoriser la réconciliation nationale.
L’unité nationale et la souveraineté territoriale en question
Patrick Opola Mupasa souligne par ailleurs que les divisions entre les dirigeants, les institutions et les différentes composantes de la société congolaise risquent de fragiliser les efforts visant à rétablir la sécurité dans le pays.
Concernant les relations entre certains acteurs congolais et le Rwanda, il plaide pour une approche fondée sur des faits vérifiables et des enquêtes crédibles, notamment face aux accusations d’ingérence extérieure, de soutien aux groupes armés et d’exploitation illégale des ressources naturelles.
Il met toutefois en garde contre toute confusion entre les populations et les décisions de leurs dirigeants ou les actions des groupes armés.
Pour lui, la défense de la souveraineté nationale doit aller de pair avec la lutte contre l’impunité, la recherche de la vérité et le respect des peuples, sans alimenter la haine entre Congolais et Rwandais.
Le dialogue, une voie privilégiée pour sortir de la crise
Le BIDH-RDC considère le dialogue comme un moyen essentiel de prévenir une nouvelle escalade des violences et de rechercher une solution durable à la crise politique et sécuritaire.
Dans sa tribune, Patrick Opola Mupasa précise qu’un dialogue crédible ne doit pas se limiter à un partage de pouvoir entre les élites politiques. Il doit également prendre en compte les préoccupations des populations affectées par les conflits.
Il préconise notamment le respect de la Constitution et des institutions de la République, la préservation de l’intégrité territoriale, la participation des acteurs politiques et de la société civile, ainsi que la prise en compte des revendications des victimes. Il insiste également sur la nécessité d’obtenir une cessation effective des hostilités, de garantir la protection des civils et de mettre en place des mécanismes de suivi des engagements pris par les différentes parties.
La justice, la lutte contre l’impunité et la réconciliation nationale figurent également parmi les conditions qu’il juge indispensables.
La rédaction



