La ville de Goma a vibré le week-end au rythme d’un café des jeunes entrepreneurs. Organisée par la fédération nationale des jeunes entrepreneurs du Congo section du Nord Kivu et l’incubateur Wakisha, cette activité avait pour but principal d’encourager les entrepreneurs surtout en comment la ville de Goma en cette période où tout est presque ralenti.
Devant une trentaine des personnes, Bernard Bahati entrepreneur dans plusieurs domaines, a relaté son expérience tout en appelant les participants de ne pas se décourager mais plutôt d’avance.
D’après lui, le secret de la réussite dans l’entrepreneuriat est de foncer malgré le haut et le bas, peu importe les défis car le nécessaire est de savoir se relever quand on est tombé.
« Nous sommes tous sans ignorer que Goma vit une période difficile où les banques ne fonctionnent pas depuis plus de 6 mois, cela impacte négativement sur le fonctionnement des entrepreneurs.
Cela n’est pas un motif pour que les gens n’innovent pas.
Personnellement à la chute de la ville de Goma, la minoterie Okapi que je crée avait été pillée et j’ai presque tout perdu mais je ne me suis pas découragé. J’ai pris la décision de reprendre dans une semaine, suite à ma forte détermination j’ai repris et je continue de produire de la farine car avec une dose de volonté on peut tout faire.
Pour reprendre avec la production , cela m’a coûté plus de 43000$, vu que j’étais très motivé, j’ai eu la chance de réunir les moyens et j’ai repris et les produits Okapi continuent d’être consommés» explique Bernard Bahati.
Pour lui, le secret de la réussite est de se mettre en tête, qu’on est capable de tout faire si et seulement si, on ne se décourage et que tout est possible si on veut.
A la fin de l’activité, Lucien Azmayawa entrepreneur et un des organisateurs a indiqué que ce café avait pour but d’encourager les entrepreneurs car la ville de Goma est coupée du reste du territoire national car les banques et les institutions financières ne sont pas opérationnelles, certaines institutions étatiques sont hors service actuellement.
A l’en croire, beaucoup d’entrepreneurs traversent une période qui est spéciale par rapport à leurs projets, leurs initiatives mais plusieurs expérimentent la dépression, d’autres envisagent abandonner, certains ne savent pas la durée de leur résilience.
« On se dit, quand on reste dans son coin, on peut croire que le monde a arrêté de tomber et que c’est fini et pourtant ensemble on peut réfléchir sur les stratégies, trouver des solutions envisageables et qui peuvent nous permettre de ne pas mettre les cadenas sur nos portes.
C’est dans cette optique, que nous avons invité Bernard Bahati qui est un entrepreneur local et qui est dans plusieurs domaines d’activités pour qu’ensemble on puisse débattre avec d’autres jeunes membre de l’écosystème entrepreneurial sur comment on peut revoir ou restructurer son business modèle dans cette période de crise, surtout adopter les stratégies de survie et faire en sorte qu’on continue à émerger.
Repenser ce modèle économique en situation de crise a été le thème auquel nous avons discuté pendant ce café des entrepreneurs » précise Lucien Azmayawa.
Selon lui, les échanges ont été riches parce que nous avons vu les engagements des entrepreneurs qui ont pratiquement changé le paradigme et d’autres qui envisageaient d’ arrêter et ont eu des déclics avec des nouvelles idées à implémenter pour leur survie.
« Je pense que ce café a été très profitable pour tous les participants et pour nous en tant qu’incubateur Wakisha, avons aimé contribuer car ça fait partie de notre mission accompagner les entrepreneurs à émerger, à réussir et à faire en sorte que l’écosystème entreprenarial puisse avancer dans le positif »se réjouis Lucien Azmayawa.
Guellord Risasi



