Dans une province où les espoirs de développement se heurtent à la réalité d’une gouvernance centralisée, Mambasa, l’un des territoires de la province de l’Ituri, se retrouve plongée dans l’oubli.
Se confiant à la presse ce mardi 20 mai 2025 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, Didi Ilunga, représentant de la corporation estudiantine de Mambasa, s’est exprimé avec passion sur la situation alarmante des nominations locales aux postes décisionnels depuis l’instauration de l’état de siège. Pour lui, cette absence de représentation soulève des questions cruciales : s’agit-il d’une simple omission ou d’une volonté délibérée d’écarter les élites locales ?
« Effectivement, Mambasa se retrouve dans les oubliettes de l’administration militaire », déclare Didi Ilunga. « Nous constatons, avec amertume, qu’aucun membre de notre région n’a été nommé à un poste décisionnel au niveau provincial. Cette absence interpelle notre sensibilité et notre engagement envers notre territoire. »
Les conséquences de cette marginalisation sont profondes et inquiétantes. Didi Ilunga souligne que l’exclusion des cadres locaux engendre un sentiment d’abandon parmi la population. « Comment croire en une gestion efficace des défis sécuritaires et socio-économiques si ceux qui connaissent le terrain en sont écartés ? » s’interroge-t-il. Ce manque de représentation alimente également la défiance envers les autorités, rendant la tâche encore plus ardue pour un gouvernement déjà confronté à des défis complexes.
Dans ce contexte difficile, le représentant estudiantin des ressortissants du territoire de Mambasa adresse un message fort aux autorités : « Que Mambasa ne soit plus une variable d’ajustement. Nous méritons d’être représentés équitablement, surtout en cette période critique. » Il appelle à une réelle inclusion administrative comme moyen de donner une voix à ce peuple trop longtemps laissé pour compte.
Didi Ilunga insiste sur le fait que la jeunesse estudiantine est vigilante et attend des actes concrets de la part du gouverneur militaire pour rétablir un équilibre social nécessaire à une bonne gouvernance. « L’assemblée provinciale reste en veilleuse, et il est temps que les spécificités locales soient prises en compte dans le processus décisionnel », conclut-il, dans des propos recueillis par le paniersdesinfons.net.
Au-delà des mots, ce cri de désespoir résonne comme un appel urgent à la reconnaissance politique et à une gouvernance inclusive pour briser le cycle de la marginalisation qui touche Mambasa. La jeunesse, porteuse d’espoir et d’ambition, se bat pour un avenir meilleur où chaque voix compte et chaque talent est valorisé.
Signons qu’en Ituri et ailleurs, nombreuses sont les autorités politico-administratives qui décrivent cette absence de nominations dans des postes clés politiques, ce qui démontre clairement une position géopolitique d’appartenance.
La rédaction



