La Société civile de l’Est, avec ses forces vives, les organisations de défense des droits humains, les acteurs sociaux, des personnalités indépendantes ainsi que la notabilité du Nord-Kivu, s’est exprimée à travers une conférence de presse animée dans la matinée de ce mardi 20 octobre 2026 sur les questions majeures engageant l’avenir de la Nation.
Le message de la Société civile de l’Est s’articule autour de quatre points, à savoir :
- La création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) ;
- La crise politique et sécuritaire en RDC : responsabilités, blocages et perspectives de sortie de crise ;
- La gouvernance du pays face aux scandales, aux dérives et aux attentes légitimes de la population ;
- La position des populations de l’Est face à la crise nationale, leurs souffrances, leurs préoccupations et leurs aspirations.
« Depuis l’avènement du Président Félix Tshisekedi à la tête du pays, les populations de l’Est vivent dans une précarité sécuritaire permanente qui s’est aggravée, confrontées à une succession de drames qui ne leur laissent ni répit ni véritable espoir d’un lendemain meilleur », poursuit le communiqué de presse.
« Ceux qui ne sont pas tués par les balles sont bombardés par des drones. Ceux qui ne sont pas tués à la machette meurent innocemment dans des prisons à Kinshasa à cause de leurs origines. Ceux qui ne sont pas privés de leurs besoins vitaux, sans savoir pourquoi, sont condamnés à mourir de maladies comme Ebola ou le choléra, non pas parce qu’elles sont nécessairement mortelles, mais parce que l’État a choisi de se partager les ressources qui auraient dû servir à la prise en charge des malades. Ceux qui ne sont pas arrêtés comme espions, étrangers ou ennemis de la République sont discriminés par le pouvoir, les institutions et ses animateurs censés les protéger et les défendre », a déclaré Hervé Amani, activiste de la Société civile de l’Est.
Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? S’interroge la Société civile de l’Est.
Les responsabilités dans la crise politique et sécuritaire
L’aggravation de la crise politique et sécuritaire dans la partie Est du pays est en grande partie la conséquence des décisions et des positions politiques prises par le régime de M. Félix Tshisekedi. En criminalisant toute voix critique – opposition, société civile et journalistes – il a créé un climat de terreur où les acteurs ont été poussés à bout. À deux ans du terme de son mandat, le sentiment de prédation a pris le dessus.
Les scandales se succèdent en Belgique, en Suisse et aux États-Unis. Accusations de blanchiment d’argent à l’étranger, détournements de deniers publics, décaissements de fonds publics pour des projets de corruption et de séduction des grandes puissances, sans oublier le détournement scandaleux des fonds alloués à la riposte contre la maladie à virus Ebola, sacrifiant les vies de nos compatriotes de l’Est.
Aujourd’hui, la fonction présidentielle a perdu toute sa saveur sous le poids des appétits démesurés pour l’argent, au détriment du social des populations abandonnées et sacrifiées.
« Devons-nous faire confiance à un pouvoir qui privilégie sa famille au détriment du peuple ? En faisant de l’Est de notre pays un terrain de bataille pour des armées étrangères et des mercenaires, en armant des civils comme réserve de l’armée, en créant un climat de discorde avec certains pays voisins à travers des décisions hostiles et belliqueuses, en choisissant des civils innocents comme cibles militaires à Masisi et dans les Hauts-Plateaux, sans parler du blocus humanitaire imposé aux populations de Minembwe et des restrictions de voyage pour les populations vivant au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, le régime de Félix Tshisekedi a décidé que l’Est et sa population soient sacrifiés. De l’Ituri en passant par le Maniema jusqu’au Katanga, les populations meurent parce que l’État a abandonné ses responsabilités », ajoute-t-on.
Aujourd’hui, la population de l’Est est à bout de promesses. Elle se sent abandonnée par le pouvoir censé la protéger. À chaque souffrance, le pouvoir ne propose que des excuses au lieu de réponses. Plus grave encore, il remettrait parfois en cause l’appartenance à la patrie de ces mêmes populations victimes.
En conclusion
« Au vu de cette réalité, la population n’a plus d’autre choix que de se tourner vers quiconque se présente comme porteur d’une solution, quels que soient les moyens. En nous privant de tout, en nous imputant des fautes que nous n’avons pas commises, en nous sanctionnant pour des actes dont nous ne sommes pas responsables et en mettant même en cause notre appartenance à la Nation, vous nous avez poussés à envisager d’autres voies pour exister et survivre.
Dans cette perception, la création du Front pour la Refondation de la Nation, avec à sa tête le Président honoraire Joseph Kabila, est considérée par la population de l’Est comme une réponse salvatrice à ses souffrances. Au regard de son expérience et de sa connaissance de l’appareil de l’État, nous estimons que cela constitue, pour ces populations, un atout majeur dans la recherche d’une issue à cette crise.
Nous avons été abandonnés. Si un sauveur vient à notre secours, nous n’aurons d’autre choix, selon cette conviction, que de l’accompagner afin que nos souffrances prennent fin ».
La rédaction



