La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola reste préoccupante dans la province de la Tshopo. La riposte fait état de 19 cas confirmés, dont 10 décès, tandis que les équipes sanitaires alertent sur l’insuffisance des équipements de protection individuelle (EPI) et les difficultés de mobilité sur le terrain.
La province de la Tshopo reste sous haute surveillance face à la maladie à virus Ebola. Lors de la réunion de coordination de la riposte tenue ce mardi dans la salle du ministère provincial de la Santé, les autorités sanitaires ont présenté la situation épidémiologique actualisée.
Selon le Dr Franck Mebwa, chargé des opérations à la Division provinciale de la Santé (DPS), 19 cas confirmés ont été enregistrés à ce jour, sans nouveau cas signalé lors de cette mise à jour.
Le bilan fait état de 10 décès, 7 personnes guéries et 2 patients actuellement pris en charge au Centre de Traitement Ebola (CTE).
La maladie demeure active dans sept zones de santé de la province. La surveillance des personnes ayant été en contact avec les cas confirmés se poursuit. Sur 455 contacts enregistrés, 300 sont actuellement suivis par les équipes de la riposte.
Des difficultés qui inquiètent les équipes de riposte
Malgré l’absence de nouveau cas signalé, les équipes sanitaires font face à plusieurs difficultés susceptibles de compliquer la réponse à l’épidémie.
La principale préoccupation concerne l’insuffisance des équipements de protection individuelle (EPI). Plusieurs prestataires seraient contraints de travailler avec un matériel limité, une situation qui pourrait accroître leur exposition au risque de contamination.
Les responsables de la riposte appellent ainsi à un approvisionnement urgent en équipements de protection afin de garantir la sécurité du personnel engagé dans la prise en charge des malades, les investigations et la surveillance communautaire.
À cela s’ajoutent les difficultés de mobilité, qui ralentissent certaines activités de terrain, notamment les investigations et le suivi des contacts. Malgré l’acquisition de nouvelles motos avec l’appui d’Enabel, les besoins restent importants pour permettre aux équipes d’atteindre rapidement les différentes zones de santé concernées.
La prévention renforcée dans les écoles
Alors que les cours ont officiellement repris, les autorités sanitaires, en concertation avec le gouverneur de province, ont décidé de renforcer les mesures de prévention dans les établissements scolaires afin de limiter les risques de propagation du virus.
Dans ce cadre, 100 grands cartons de gel hydroalcoolique et 600 thermoflashes ont été mobilisés pour les écoles, avec un déploiement prioritaire dans les zones de santé les plus touchées.
Des équipes de la riposte accompagnent également les établissements scolaires dans la mise en œuvre des mesures préventives, notamment le lavage régulier des mains, l’utilisation du gel hydroalcoolique et la prise de température.
À Kisangani, plusieurs établissements ont déjà bénéficié de ces activités, notamment le Collège Maele, l’école kimbanguiste et l’école Saint-Jean.
La vigilance reste de mise
Pour les autorités sanitaires, l’absence de nouveau cas ne signifie pas pour autant la fin de l’épidémie. Avec 300 contacts toujours sous surveillance, sept zones de santé concernées et des besoins persistants en équipements et en moyens de déplacement, la mobilisation doit rester soutenue.
Les équipes de riposte appellent ainsi la population à maintenir les mesures de prévention et à signaler rapidement tout cas suspect aux services de santé afin de permettre une prise en charge précoce et de limiter le risque de propagation du virus.
Mardochée Chiza



