Depuis quelque temps, une discrimination est palpable en République Démocratique du Congo, particulièrement à l’égard des locuteurs de la langue swahili à Kinshasa, la capitale. C’est ce qu’a déclaré Henry Musa Kitoko, président national de l’organisation Uswahili, lors d’un point presse tenu ce jeudi 19 juin 2025 devant des journalistes à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Selon lui, les personnes issues de l’espace swahili subissent une grande stigmatisation en RDC. Pourtant, chaque Congolais devrait se sentir libre de vivre dans son pays, peu importe sa langue maternelle.
« L’organisation que je coordonne a été fondée par des intellectuels congolais et vise à promouvoir le swahili, que nous considérons comme un vecteur d’espoir. Cette langue est parlée par plus de 200 millions de personnes dans le monde et dans notre pays, 11 des 26 provinces l’utilisent», a-t-il souligné.
Depuis 14 ans, notre organisation œuvre en RDC. Nous avons organisé de nombreuses conférences à Kinshasa et à l’intérieur du pays pour sensibiliser nos compatriotes sur le fait que parler swahili ne signifie pas être rwandais. Il est douloureux pour nous, les « Swahili phone », d’être injustement qualifiés de Rwandais sans raison valable ; cela témoigne d’un comportement rétrograde, poursuit-il.
Dans un contexte où notre pays fait face à des défis sans précédent, nous avons plus que jamais besoin d’unité, de cohésion sociale et de coexistence pacifique. Malheureusement, cela ne semble pas être le cas pour ceux qui ne parlent pas le swahili.
Notre organisation Uswaliphone s’oppose fermement à la balkanisation de notre pays. Malheureusement, certains esprits faibles interprètent mal nos intentions alors que les Bangala disposent également d’une organisation qui les unit autour de leur langue. Le régime actuel nous discrimine au plus haut niveau ; un fils de l’Est éprouve des difficultés à s’exprimer dans sa langue à Kinshasa par crainte d’être traité de Rwandais.
Nous devons tous comprendre que c’est le Congo qui nous unit. La RDC est notre unique et seul pays ; aimons-nous les uns les autres malgré nos divergences culturelles et d’opinions. À mon sens, le régime en place devrait promouvoir l’unité, car c’est la vision principale de l’organisation Uswahiliphone », a-t-il conclu.
Alain Shamamba Tequiero



