Plusieurs civils ont été arrêtés cette semaine par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Mungamba, dans la chefferie de Walese Vonkutu, territoire d’Irumu, en province de l’Ituri. En cause, leur possession de jetons qui seraient imposés par les rebelles des ADF pour accéder aux champs, selon l’Action pour la promotion et la défense des droits des personnes vulnérables (APDEF).
D’après Christophe Munyanderu, responsable de cette organisation de défense des droits humains, les personnes interpellées auraient été contraintes de verser jusqu’à 500 dollars américains pour obtenir leur libération. Il affirme que, depuis mars 2025, les ADF obligent les cultivateurs à acheter ces jetons afin d’accéder à leurs terres agricoles.
« Depuis mars 2025, l’ennemi impose à la population civile de payer des jetons pour accéder à ses champs. La population l’a dénoncé aux services de sécurité, mais rien n’a été fait sur le terrain », déplore Christophe Munyanderu.
L’APDEF estime que les FARDC s’en prennent aux victimes plutôt qu’aux auteurs de ces pratiques. L’organisation accuse certains militaires de tirer profit du contexte sécuritaire au lieu de combattre les rebelles.
« La population est déjà prise en otage par les ADF. L’armée ne doit pas à son tour augmenter sa souffrance », poursuit-il, appelant les autorités militaires ainsi que le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) à diligenter des enquêtes et à mettre fin à ces pratiques.
L’organisation dénonce également ce qu’elle qualifie de « deux poids, deux mesures ». Selon elle, certains militaires impliqués dans l’exploitation du bois et du charbon achèteraient également ces jetons aux ADF sans être inquiétés.
Face à cette situation, l’APDEF plaide pour des mesures fermes afin de protéger les populations civiles et de mettre un terme à l’influence grandissante des ADF dans plusieurs localités du territoire d’Irumu.
À ce stade, les FARDC n’ont pas encore réagi à ces allégations. Leur version des faits n’était pas disponible au moment de la publication de cet article.
Jonathan Bavonga depuis Bunia



