INTERVIEW
La Libre : Comment le changer ?
Joseph Kabila : Il faut balayer ce système. Je pense même qu’il faut changer la classe politique. Sous d’autres cieux, c’est à travers les élections qu’elle se renouvelle. Ici, il faudra peut-être instaurer des primaires. C’est une évidence, on ne peut envisager le changement de la situation actuelle avec le système en place. Il faut aussi travailler la population qui a un rôle essentiel à jouer, lui inculquer le sens civique. Cela ne se fera pas en une ou deux semaines, ni en trois mois.
La Libre : Mais dans un processus comme celui que vous évoquez, il faut un leader ou un groupe de leaders qui puissent, à un moment donné, envoyer un message clair…
Joseph Kabila : Je pense que le peuple congolais peut se prendre en main et nous surprendre. Je pense qu’il va nous surprendre. Si ce n’est pas à Kinshasa, ce sera dans d’autres provinces.
La Libre : Au Katanga, où la tension monte de plus en plus ?
Joseph Kabila : C’est une éventualité et cette colère ne se limite pas au Katanga. Elle est partout dans le pays, même à Kinshasa.
La Libre : Mais le Katanga, province la plus riche, est essentiel pour le pays.
Joseph Kabila : Les Katangais en sont conscients. À un moment donné, il y avait un débat dans cette province : faut-il continuer au sein de la RDC ou s’il serait plus judicieux de se détacher ? J’ai toujours été d’avis que les Katangais sont grands parce qu’il y a le Congo qui fait de cette province une grande province.
La Libre : Pensez-vous que la Belgique pourrait encore jouer un rôle pour aider le Congo ?
Joseph Kabila : À l’allure où vont les choses, je pense que la Belgique est en train de se disqualifier. Sa capacité à accompagner l’actuel régime étonne. La Belgique doit se ressaisir et je constate que chez vous, il y a des gens qui sont conscients de tout ça. Ils essaient petit à petit de corriger le tir. Je veux aussi dire bravo à la justice belge qui s’intéresse au rôle néfaste de nombreux citoyens belges au Congo. Mais la Belgique a aussi cette capacité de se remettre en cause. C’est en tout cas ce que je souhaite.
La rédaction



