Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) vient d’asséner un coup dur à la liberté d’expression en République Démocratique du Congo. En suspendant pour 90 jours, sur l’ensemble des médias du territoire national, le journaliste Parole Kamizelo, directeur des programmes de la chaîne PSTV, le CSAC franchit une ligne rouge inquiétante.
L’acteur politique Jean Paul Ngahangondi, cadre du parti Ensemble pour la République au Nord-Kivu et député provincial honoraire, dénonce ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire » du régime Tshisekedi à l’encontre de la liberté d’expression en RDC.
Selon lui, cette décision arbitraire, contenue dans l’acte n° CSAC/013/B/09/2025 du 3 septembre 2025, constitue une « censure politique pure et simple ».
« Cette mesure, qualifiée de conservatoire, est tout sauf neutre. Elle intervient dans un contexte où Kamizelo, figure médiatique respectée, s’est illustré par ses critiques courageuses et légitimes à l’encontre des dérives du régime Tshisekedi. Aucun propos haineux, diffamatoire ou contraire à la loi n’a été prouvé à son encontre. Son seul « tort » est d’avoir dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : le peuple congolais est trahi par un pouvoir sourd à ses souffrances et allergique à la contradiction », a-t-il déclaré.
Jean Paul Ngahangondi affirme également que depuis la nomination de Christian Bosembe à la tête du CSAC, cette institution d’appui à la démocratie a perdu sa neutralité.
« Depuis son arrivée à la présidence du CSAC, M. Bosembe a changé la vision de cette institution en multipliant les atteintes à la liberté d’expression, dans le souci apparent de se faire apprécier par le régime Tshisekedi. Pourtant, lui-même fut autrefois un grand journaliste », souligne-t-il.
Et de conclure :
« Le respect scrupuleux de la Constitution et des engagements internationaux de la RDC en matière de droits humains devrait guider les actions du CSAC. La démocratie ne se mesure pas au nombre de discours officiels, mais à la capacité de l’État à tolérer les voix critiques. M. Bosembe doit se rappeler qu’il ne restera pas éternellement à ce poste. »
Guellord Risasi



