Sur les ondes de Top Congo, Jean-Pierre Bemba, vice- Premier ministre, ministre des Transports, avait qualifié Joseph Kabila de Rwandais, doutant ainsi qu’il fût fils de Mzee Laurent-Désiré Kabila et qu’il visait à travers un coup d’État à éjecter Félix Tshisekedi du pouvoir. Ces affirmations ont fait un tollé sur les réseaux sociaux, amenant ainsi des indignations au sein de l’opinion.
Le dernier cas en date est celui du jeune leader et analyste politique Christian Bahati, qui a qualifié les propos de Bemba d’incendiaires, inopportuns et d’autres qualificatifs.
À l’en croire, Jean-Pierre Bemba devrait demander pardon au peuple congolais pour ces propos ratés. Au cours d’un entretien téléphonique, Christian Bahati, jeune leader et analyste politique, est revenu sur plusieurs points controversés des propos de l’ancien vice-président, de son parcours, remettant en question sa légitimité morale à donner des leçons à la classe politique congolaise.
Lors de cette émission, Jean-Pierre Bemba avait remis en cause la nationalité de Joseph Kabila, insinuant qu’il ne serait pas congolais d’origine ni même le fils de Mzee Laurent-Désiré Kabila.
Ce jeune leader juge ces propos incohérents et rappelle que Bemba lui-même a été accepté sur la scène politique congolaise en grande partie grâce à son père, Jeannot Bemba Saolona, qui l’avait présenté comme son fils.
« De la même manière, Mzee Kabila nous a présenté Joseph comme son fils.
Si Mzee était congolais, alors son fils l’est naturellement aussi. Comment avait-il accepté de travailler avec Kabila comme son vice-président sachant qu’il n’était pas congolais, cela est absurde.
Quand Bemba était ministre de la Défense, il n’a pas été en mesure d’enrayer la dégradation sécuritaire dans l’Est du pays.
Selon Christian Bahati, 90 % des localités du Grand Kivu sont tombées aux mains des groupes armés pendant son mandat. « Il n’a rien dénoncé par honte et peut-être par incompétence, bien qu’il était militaire. »
Aujourd’hui, en tant que ministre des Transports, il s’érige en donneur de leçons, oubliant qu’il est incapable de résoudre les embouteillages à Kinshasa. Des naufrages sur nos cours d’eau, n’en parlons pas. Prendre un avion en RDC est plus qu’un luxe, mais Bemba veut se faire passer pour un ange alors qu’il a beaucoup de passifs depuis qu’il est revenu dans la politique comme ministre.
À sa place, je me tairais et prendrais ma retraite. »
Christian Bahati s’interroge également sur les choix géographiques des tournées de Bemba pour sensibiliser les jeunes à intégrer l’armée loyaliste. Originaire de la province de l’Équateur, Bemba a préféré mobiliser dans d’autres provinces, notamment dans l’Est.
« Pourquoi n’a-t-il pas commencé par ses terres natales, où il doit être un leader incontesté ?
A-t-il peur de faire face à son passé, notamment aux crimes commis avant l’avènement de l’AFDL ? », questionne Bahati, insinuant un refus d’assumer une part d’histoire encore sensible.
Ce jeune leader évoque les accusations lancées par Bemba contre la CENCO et l’ancien président Joseph Kabila, qu’il accuse d’avoir préparé un coup d’État sans pour autant avoir des preuves. « Par quel canal Bemba a-t-il eu connaissance d’un tel projet ? Et s’il le savait, pourquoi n’a-t-il jamais dénoncé au moment opportun et attendre tout ce temps pour en parler ? Était-il complice ? », conclut Christian Bahati.
Alain Shamamba Tequiero



