À Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, la diversité culturelle est considérée comme un cheval de bataille par plusieurs couches sociopolitiques. Ce jeudi 22 mai 2025, à Bunia, à l’occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle célébrée le 21 mai de chaque année, le Professeur Jean Tsumbu, enseignant à l’Université de Bunia et chargé de la formation au Centre de recherche stratégique pour la gouvernance dans le domaine des sciences juridiques, politiques et administratives, a souligné que le monde n’est pas composé que d’une seule culture ou d’un seul peuple. Ce monde est constitué de plusieurs peuples et ces peuples possèdent plusieurs cultures que nous devons savoir valoriser. Pour lui, cette diversité culturelle a une valeur significative pour le développement d’une nation.
« Le monde n’est pas composé que d’une seule culture ou d’un seul peuple. Ce monde est composé de plusieurs peuples et ces peuples ont plusieurs cultures que nous devons savoir valoriser. Plus nous avons de cultures, plus nous avons aussi de valeurs, ce qui nous permet d’œuvrer pour le développement, que ce soit national ou international. Parce qu’aujourd’hui, le monde planétaire n’est qu’un» , a-t-il indiqué dans des propos recueillis par la rédaction de paniersdesinfos.net.
Par ailleurs, selon Jean Tsumbu, cette diversité culturelle émouvante dans la province de l’Ituri n’est pas à la base de l’insécurité. Il ajoute cependant qu’il faut exploiter cette diversité pour consolider la stabilité du milieu.
« Personnellement, je ne crois pas que cette diversité culturelle soit à l’origine des conflits. Au contraire, chacune des communautés qui fait partie de la province de l’Ituri doit apporter sa pierre à l’édifice pour construire la stabilité du milieu. Dire que c’est cette diversité culturelle qui empêche la paix est erroné», a-t-il ajouté.
Pour faire face à cette situation, il demande aux services de sécurité d’intervenir auprès de ceux qui alimentent les groupes armés et qui sont liés à ces communautés.
« Les gens ont toujours tendance à lier les groupes armés aux différentes communautés locales. Oui, il est vrai que les membres des groupes armés proviennent souvent des communautés et que certains dirigeants sont issus de ces mêmes communautés. Mais comment peut-on automatiquement associer une communauté entière à ces groupes d’individus qui se sont rebellés contre leurs propres communautés ? Quelle communauté a eu le courage d’organiser militairement ses membres pour se battre contre sa République ? Je n’en connais pas. Si des gens connaissent ces communautés avec leurs dirigeants qui ont pu organiser militairement leurs membres pour se battre, il appartient à l’État d’agir contre les dirigeants des groupes armés et contre les communautés qui arment effectivement leurs membres contre l’État» , a précisé le Professeur Jean Tsumbu tout en reconnaissant que la République Démocratique du Congo a une seule armée, les FARDC, qui ont l’obligation de veiller sur la protection de l’intégrité territoriale nationale avec la Police Nationale Congolaise.
Signalons enfin que le thème provincial de la Journée mondiale de la diversité culturelle célébrée le 21 mai était : « La diversité culturelle, un vecteur de paix ».
En Ituri, cependant, la menace des groupes armés locaux et étrangers persiste. Des efforts sont consentis par les autorités pour mettre hors d’état de nuire ces ennemis de la paix.
La rédaction



